Paco a fait un écart dimanche, il m'a demandé de lui acheter des bières à l'épicerie du coin, où il ne peut plus aller suite à des esclandres passés. En dehors de ça il ne boit pas. Il n'est pas habitué à son nouveau médicament, qui joue sur l'appétence, et il lui arrive de reboire un peu.Mais la plupart du temps il va à l'hôpital de jour et est clean.

N s'est mise à prendre des benzo achetés dans la rue. Elle prend 3 cachets par jour, pas de quoi se défoncer, mais à 20 euros la boite de 20 cp, c'est dur pour ses finances.Je ne vais pas la sermonner, elle sait ce qui ne va pas et quoi faire pour y remédier. L'exemple vaut mieux que le sermon. Je crains de ne pas en être un très bon. Enfin, c'est mieux que rien. Elle arrive à gérer. Même si elle ne s'arrête pas souvent ni longtemps. Elle s'est fait sa posologie qui vaut celle d'un médecin, 1 cp matin, midi et soir. Ca fait une forte dose, mais elle ne dépasse pas le maximum de la posologie.
Chaque tox se fait sa petite cuisine.
Moi je suis obsédé par l'idée d'arréter la metha depuis des mois, sinon des années. Il y a toujours des trucs qui foirent. J'ai baissé trois ou quatre fois, et les médecin m'ont remonté à chaque fois. Au début je ne disais rien, je subissais, mais après je leur disais que j'étais à tant, ils n'en avaient rien à foutre ou craignaient de prendre la responsabilité d'un sevrage.Ou ils avaient peur, ciel un toxico, que va-t-on faire de lui ? Enfermons le...Le serment d'hypocrite. J'en parle en connaissance de cause ça m'est arrivé. Et après, ils parlent de patients sous metha à vie, faut pas déconner. Pure création des médecins.
J'ai du mal à parler de moi de ce point de vue. Je me suis fait enfermer à plusieurs reprises, il y a du positif mais aussi du négatif. On sort mieux voire sevré, pour se retrouver dans le même contexte et dans le même milieu, retour à la case départ. Ce n'est pas l'idéal.
Il n'y a pas de solution idéale.
Je ne sais plus quoi faire.
Ou plutôt je sais quoi faire, mais je n'y arrive pas exactement comme il le faudrait. C'est Sysiphe et son rocher, encore qu'il arrivait à pousser son satané rocher, aussi absurde soit sa situation.
Alors, moi aussi je me fais ma cuisine, des fois ça fonctionne des fois non.
Enfin, je suis négatif, j'ai bien progressé. Quand je dis que je fais ma cuisine, ça signifie que je baisse par moi-même, sans attendre l'accord du médecin, et malgré les risques que ça présente. Pour le médecin, je suis à 40mg, et en réalité je suis à 20 mg. Je compte passer à 15mg cette semaine. Le risque, c'est le mesusage, il m'arrive de remonter si je ne me sens pas bien. Même si c'est plutôt rare. Je me discipline. Là ça fait depuis juin 2016 que je n'ai pas fait d'extra (de surdosage).
 
Ca fait une quinzaine d'années que je suis sous metha, et si je n'avance pas par moi-même je n'en sortirais jamais. L'équation est simple.
20mg est un petit dosage,Si j'arrive à me tenir à mon planning, je pourrais être sevré dans trois ou quatre mois, disons 6 mois pour voir large. Comme je ne compte pas les jours (pas de plannings écrits) il peut y avoir de larges différences. J'ai déjà fait des plannings écrits, il y a toujours une couille dans le paté qui fait que ça ne fonctionne pas. Je vais voir ce que ça donne en roue libre, puisque dans l'immédiat ça marche. Bref, je serais aux premières loges pour voir l'évolution de mes efforts. Et vous aussi.